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	<title>SARAF </title>
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	<description>Portail officiel de la Soci&#233;t&#233; d'Anesth&#233;sie R&#233;animation d'Afrique Francophone (SARAF), une organisation fond&#233;e le 15 d&#233;cembre 1984 &#224; Cotonou, B&#233;nin.
La SARAF vise &#224; promouvoir l'anesth&#233;sie et la r&#233;animation en Afrique francophone &#224; travers la formation, la recherche et la diffusion des connaissances.
Le site propose une vari&#233;t&#233; de ressources pour les professionnels de sant&#233;, notamment : Actualit&#233;s : Mises &#224; jour sur les &#233;v&#233;nements r&#233;cents, les congr&#232;s et les d&#233;veloppements dans le domaine de l'anesth&#233;sie et de la r&#233;animation en Afrique francophone. Agenda : Informations sur les &#233;v&#233;nements &#224; venir, y compris les congr&#232;s, les ateliers et les formations pertinentes pour les praticiens. Biblioth&#232;que : Acc&#232;s &#224; des documents, des livrets de congr&#232;s et des ressources li&#233;es &#224; la pratique de l'anesth&#233;sie et de la r&#233;animation. Revue Africaine d'Anesth&#233;siologie et de M&#233;decine d'Urgence (RAMUR) : La publication officielle de la SARAF, offrant des articles de recherche, des &#233;tudes de cas et des revues de litt&#233;rature. Les auteurs peuvent trouver des instructions pour la soumission de manuscrits, et les lecteurs peuvent acc&#233;der aux num&#233;ros pr&#233;c&#233;dents de la revue.</description>
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		<title>SARAF </title>
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		<title>Cath&#233;t&#233;risme accidentel de l'espace sous-dural lors d'une analg&#233;sie p&#233;ridurale en obst&#233;trique.</title>
		<link>https://web-saraf.net/Catheterisme-accidentel-de-l.html</link>
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		<dc:date>2012-05-05T23:58:48Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator> 148 - Sztark F. --&gt; Sztark F. , 187 - Riel AM --&gt; Riel AM , 189 - Randriamiarana JM --&gt; Randriamiarana JM , 190 - Idialisoa R --&gt; Idialisoa R , 191 - Fenomanana M.S --&gt; Fenomanana M.S , 192 - Rasamoelina N --&gt; Rasamoelina N , 193 - Fidison A --&gt; Fidison A</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;R&#233;sum&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
[(Introduction : Certains risques peuvent accompagner l'injection d'anesth&#233;sique local dans l'espace p&#233;ridural incluant l'injection accidentelle sous-durale du produit. &lt;br class='autobr' /&gt;
Observation : Notre &#233;tude porte sur un cas de cath&#233;t&#233;risme accidentel de l'espace sous-dural. Il s'agit d'une parturiente de 26 ans b&#233;n&#233;ficiant d'une analg&#233;sie p&#233;ridurale pour le travail obst&#233;trical. Le cath&#233;ter p&#233;ridural a &#233;t&#233; ins&#233;r&#233; au niveau de l'espace intervert&#233;bral L2-L3. Trente cinq minutes apr&#232;s (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://web-saraf.net/-Tome-17-no1-2012-.html" rel="directory"&gt;Tome 17 n&#176;1 - 2012&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;sum&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;strong&gt;Introduction&lt;/strong&gt; : Certains risques peuvent accompagner l'injection d'anesth&#233;sique local dans l'espace p&#233;ridural incluant l'injection accidentelle sous-durale du produit.
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Observation&lt;/strong&gt; : Notre &#233;tude porte sur un cas de cath&#233;t&#233;risme accidentel de l'espace sous-dural. Il s'agit d'une parturiente de 26 ans b&#233;n&#233;ficiant d'une analg&#233;sie p&#233;ridurale pour le travail obst&#233;trical. Le cath&#233;ter p&#233;ridural a &#233;t&#233; ins&#233;r&#233; au niveau de l'espace intervert&#233;bral L2-L3. Trente cinq minutes apr&#232;s administration du bolus d'anesth&#233;sique local, elle pr&#233;sente une paresth&#233;sie des deux membres inf&#233;rieurs, un syndrome de Claude Bernard-Horner gauche et un h&#233;mibloc sensitif homolat&#233;ral de niveau sup&#233;rieur C5-C6 sans bloc moteur significatif associ&#233;. La localisation sous-durale du cath&#233;ter a &#233;t&#233; confirm&#233;e radiologiquement apr&#232;s injection de produit de contraste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conclusion&lt;/strong&gt; : La cath&#233;t&#233;risation accidentelle de l'espace sous-dural est une complication rare de l'anesth&#233;sie p&#233;ridurale. Ce cas clinique peut aider d'une part, &#224; illustrer le m&#233;canisme de survenue du bloc sous-dural et d'autre part, &#224; diagnostiquer et traiter ce dernier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mots cl&#233;s&lt;/strong&gt; : cath&#233;t&#233;risme, accidentel, espace sous-dural, bloc sous-dural&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Summary&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;br class='autobr' /&gt; A case of accidental catheterization of the subdural extra-arachnoid space is described. A 26-year-old parturient requested epidural analgesia for labor. A lumbar epidural block was performed at the L2-3 interspace. Thirty five minutes after the loading dose of the local anesthetic mixture, she suffered paresthesia in legs, left Horner's syndrome and high sensory block up to the C5-6 dermatome without significant motor blockade. The retained epidural catheter was later confirmed radiologically to be in the subdural space. Accidental subdural catheterization is a rare complication of epidural block. The following case and discussion may help illustrate the mechanism behind the subdural block and how it can be detected and treated.
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Keywords&lt;/strong&gt; : catheterization, accidental, subdural space, subdural block&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Introduction&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Certains risques peuvent accompagner l'injection d'anesth&#233;sique local dans l'espace p&#233;ridural incluant l'injection accidentelle sous-durale du produit [1]. En effet, il existe un espace potentiel entre la dure-m&#232;re et l'arachno&#239;de : l'espace sous-dural (2). L'injection d'anesth&#233;sique local dans cet espace via un cath&#233;ter p&#233;ridural est une des causes d'extension exag&#233;r&#233;e du niveau d'anesth&#233;sie locor&#233;gionale (3,4,5,6). On peut aussi rencontrer ce type de ph&#233;nom&#232;ne lors d'une rachianesth&#233;sie standard (7) ou continue (8).Le cath&#233;t&#233;risme de l'espace sous-dural est rare et de diagnostic difficile (9).Nous rapportons la survenue d'un bloc &#233;tendu d&#251; &#224; l'injection accidentelle d'anesth&#233;sique local dans l'espace sous-dural au cours d'une analg&#233;sie p&#233;ridurale pour le travail obst&#233;trical.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Observation&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit d'une jeune parturiente de 26 ans, primipare, pesant 70 kg pour 160 cm. Elle n'a aucun ant&#233;c&#233;dent particulier et est class&#233;e ASA 1 au terme de la consultation pr&#233;-anesth&#233;sique. Une analg&#233;sie p&#233;ridurale dans le cadre du travail obst&#233;trical est r&#233;alis&#233;e apr&#232;s consentement &#233;clair&#233;. La ponction a &#233;t&#233; faite au niveau de l'espace intervert&#233;bral L2-L3 en position assise. L'espace p&#233;ridural (EP) a &#233;t&#233; identifi&#233; sans probl&#232;me par la technique de la perte de r&#233;sistance franche au mandrin liquide. La distance &#171; peau-espace p&#233;ridural &#187; est de 4,5cm et le cath&#233;ter est mont&#233; &#224; 3 cm au-del&#224; de cette distance. Aucun reflux spontan&#233; ou par aspiration &#224; la seringue n'a &#233;t&#233; remarqu&#233;. Une dose test de Lidoca&#239;ne deux pour cent avec adr&#233;naline 1 : 200 000 n'a produit aucun effet anesth&#233;sique ou cardiovasculaire apr&#232;s 5 minutes. Elle re&#231;oit un bolus de 9 mL de Ropivaca&#239;ne 0,2% avec 5 &#956;g de Sufentanil. L'entretien se fait par analg&#233;sie p&#233;ridurale contr&#244;l&#233;e par la patiente (APCP). La solution analg&#233;sique utilis&#233;e est le m&#233;lange Ropivaca&#239;ne 0,15% et Sufentanil 0,5&#956;g/mL. Le d&#233;bit de base est de 5 mL/h, le bolus &#233;tant de 5 mL avec une p&#233;riode r&#233;fractaire de 12 minutes. La dose maximum horaire est de 60 mg d'anesth&#233;sique local (AL).Le bolus initial a provoqu&#233; une anesth&#233;sie sensitive morcel&#233;e : paresth&#233;sie des membres inf&#233;rieurs, de la r&#233;gion claviculaire gauche et du membre sup&#233;rieur gauche &#224; pr&#233;dominance radiale. Par ailleurs, on note un syndrome de Claude Bernard-Horner gauche associ&#233; &#224; une &#233;rythrose de l'h&#233;miface homolat&#233;rale. Ces sympt&#244;mes sont apparus 35 minutes apr&#232;s administration du bolus initial et ont compl&#232;tement disparu &#224; la 6&#232; heure. La tension art&#233;rielle, la fr&#233;quence cardiaque, la respiration et l'&#233;tat de conscience sont rest&#233;s parfaitement stables et normaux. Le bloc moteur &#233;tait mod&#233;r&#233;.L'accouchement s'&#233;tait d&#233;roul&#233; dans ces conditions et &#233;tait eutocique. Apr&#232;s la d&#233;livrance et avec l'accord de la parturiente, nous avons pu localiser le cath&#233;ter avec l'injection de produit de contraste hydrosoluble (10 mL d'Omnipaque&#174; 180). Les clich&#233;s de face (Figure n&#176;1 a) et de profil (Figure n&#176;1 b) d&#233;montrent que le produit s'est accumul&#233; sans &#233;quivoque dans l'espace sous-dural&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_156 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;132&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://web-saraf.net/local/cache-vignettes/L443xH388/fig1-4-fa885.jpg?1734737578' width='443' height='388' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-156 '&gt;&lt;strong&gt;Fig. 1
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-156 '&gt;Colonne lombaire de face a) et profil b) apr&#232;s injection de 10 ml de produit de contraste (Omnipaque&#174; 180) par le cath&#233;ter.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Sur le clich&#233; de face : opacification partielle du fourreau dural en regard de L3-L5. L'absence de mise en &#233;vidence des racines de la queue de cheval permet pratiquement d'exclure une injection sous-arachno&#239;dienne. Sur le clich&#233; de profil on observe une image en double rail dans le canal rachidien, en positions ant&#233;rieure et post&#233;rieure par rapport au sac dural, signalant la localisation sous-durale du produit de contraste.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Discussions&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La mise en place accidentelle d'un cath&#233;ter dans l'espace sous-dural lors de l'anesth&#233;sie p&#233;ridurale est une complication rare [10]. Dans la s&#233;rie de Paech et coll [11], sur 10995 p&#233;ridurales, huit cas de bloc sous-dural ont pu &#234;tre identifi&#233;s, que ce soit cliniquement ou radiologiquement, soit une incidence de 1/1400 (0,07%).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il semble que la fr&#233;quence r&#233;elle de ce type de complication soit plus importante, proche de 1%. Dans leur &#233;tude publi&#233;e en 1988, Lubenow et al. ont retrouv&#233; une incidence plus importante, 0,82% de bloc sous-dural sur une s&#233;rie de 2182 p&#233;ridurales non obst&#233;tricales [5]. L'incidence exacte des blocs sous-duraux est probablement plus importante car ce type de complication n'est g&#233;n&#233;ralement &#233;voqu&#233; que lorsque la clinique est bruyante. Tel a &#233;t&#233; le cas de notre parturiente. Mais probablement que certains blocs sous-duraux entra&#238;nent uniquement des probl&#232;mes d'analg&#233;sie inefficace (analg&#233;sie asym&#233;trique ou en mosa&#239;que). L'anesth&#233;siste peut alors mobiliser ou repositionner le cath&#233;ter sans &#233;voquer le diagnostic de bloc sous-dural. L'hypoth&#232;se de cette incidence beaucoup plus importante du bloc sous-dural rejoint les donn&#233;es d'une &#233;tude dont le but &#233;tait de contr&#244;ler radiologiquement la position pr&#233;sum&#233;e correcte de l'aiguille de TUOHY dans l'espace p&#233;ridural. Cette &#233;tude a d&#233;montr&#233; que dans 7% des cas, la pointe de l'aiguille avait d&#233;j&#224; p&#233;n&#233;tr&#233; dans l'espace sous-dural [12]. Des investigations post-mortem ont permis d'&#233;tablir qu'il est probable d'introduire dans l'espace sous-dural le biseau d'une aiguille de TUOHY, de distendre cet espace par l'injection d'un liquide et m&#234;me d'y glisser un cath&#233;ter sans provoquer la rupture de la membrane arachno&#239;de [13].&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_157 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;418&#034; data-legende-lenx=&#034;xxxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://web-saraf.net/local/cache-vignettes/L399xH439/fig2-3-ca412.jpg?1734737578' width='399' height='439' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-157 '&gt;&lt;strong&gt;Fig. 2
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-157 '&gt;Repr&#233;sentation sch&#233;matique du Cath&#233;ter (Cath) dans l'ESD.&lt;br class='autobr' /&gt;
(NB : Le sch&#233;ma ci-contre comporte, par ailleurs, une br&#232;che arachno&#239;dienne associ&#233;e mais est tr&#232;s repr&#233;sentatif du passage du cath&#233;ter dans l'ESD.)&lt;br class='autobr' /&gt;
LIE = ligament inter-&#233;pineux, LJ = ligament jaune, EP = espace p&#233;ridural,&lt;br class='autobr' /&gt;
ESD = espace sous-dural, DM = dure-m&#232;re, Arachn = arachno&#239;de, ESA = espace sous-arachno&#239;dien, LCR= liquide c&#233;phalo-rachidien.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Notre patient faisait partie des 112 parturientes incluses dans une &#233;tude prospective visant &#224; &#233;tablir la corr&#233;lation entre la profondeur de l'espace p&#233;ridural et l'indice de masse corporelle chez les parturientes de notre &#233;tablissement. En termes d'incidence, nos donn&#233;es se rapprochent plut&#244;t de celles de Lubenow et al. (0,89% et 0,82% respectivement).&lt;br class='autobr' /&gt;
La pr&#233;sentation clinique des blocs sous-duraux peut &#234;tre tr&#232;s variable. Ce type de bloc entra&#238;ne le plus souvent une anesth&#233;sie asym&#233;trique ou en mosa&#239;que. L'installation est g&#233;n&#233;ralement progressive et lente (d&#233;lai de 10 &#224; 20 minutes). Le bloc sensitif peut &#234;tre tr&#232;s &#233;tendu vers le haut et toucher les nerfs cr&#226;niens [14,15]. Dans notre cas, les sympt&#244;mes se sont install&#233;s en 35 minutes et ont totalement disparu au bout de 6 heures. Un cas similaire au n&#244;tre a &#233;t&#233; d&#233;crit par l'&#233;quipe du D&#233;partement d'anesth&#233;siologie du Washington Hospital Center en 2006 [16]. Le d&#233;lai d'installation et la dur&#233;e du bloc chez leur parturiente ainsi que chez la n&#244;tre sont identiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bloc sensitif observ&#233; chez notre parturiente &#233;tait morcel&#233;, asym&#233;trique et tr&#232;s &#233;tendu vers le haut. L'espace sous-dural s'&#233;tend jusque dans la bo&#238;te cr&#226;nienne [16]. La contenance de cet espace virtuel n'est pas connue, mais il est probable qu'elle est moins grande que celle de l'espace p&#233;ridural. Ainsi, m&#234;me une faible quantit&#233; d'anesth&#233;sique local peut se propager loin de son point d'injection [8]. L'administration de 3,5 mL de Bupivaca&#239;ne 0,5% dans l'espace sous-dural au niveau L2-L3 a provoqu&#233; un h&#233;mibloc sensitif de C5 &#224; L4 [17]. Par ailleurs, il a &#233;t&#233; rapport&#233; que le produit de contraste inject&#233; dans l'espace sous-dural cervical a tendance &#224; monter lentement contre la gravit&#233;, en direction c&#233;phalique [18].Ainsi, les sympt&#244;mes pr&#233;sent&#233;s par notre parturiente, notamment le syndrome de Claude Bernard-Horner gauche avec &#233;rythrose de l'h&#233;miface homolat&#233;rale et la paresth&#233;sie du membre sup&#233;rieur gauche &#224; pr&#233;dominance radiale, s'expliqueraient par ces m&#233;canismes d&#233;crits pr&#233;c&#233;demment. La paresth&#233;sie du membre sup&#233;rieur gauche &#224; pr&#233;dominance radiale suppose un h&#233;mibloc sensitif dont le niveau sup&#233;rieur est C5-C6. En outre, cette extension c&#233;phalique de l'anesth&#233;sique local serait attribuable aux modifications anatomiques et physiologiques de l'espace p&#233;ridural chez la femme enceinte &#224; terme [19].La diffusion du bloc sensitif dans les territoires sacr&#233;s est g&#233;n&#233;ralement absente. Le bloc moteur est tr&#232;s souvent incomplet et mod&#233;r&#233;, ce qui diff&#233;rencie le bloc sous-dural de la rachianesth&#233;sie &#233;tendue [4]. Les sympt&#244;mes observ&#233;s chez notre parturiente r&#233;pondent parfaitement &#224; ces caract&#233;ristiques du bloc sous-dural d&#233;crites par Lee A et Dodd KW en 1986.Des modifications h&#233;modynamiques peuvent survenir mais les hypotensions sont g&#233;n&#233;ralement moins importantes qu'en cas de rachianesth&#233;sie &#233;tendue. De la m&#234;me mani&#232;re, une apn&#233;e et des troubles de la conscience sont rares mais peuvent survenir dans ce contexte [20]. Dans notre cas, l'h&#233;modynamique est rest&#233;e parfaitement stable, la parturiente &#233;tait eupn&#233;ique et consciente avec un score de Glasgow de 15/15.Ainsi, l'absence de modifications de la tension art&#233;rielle et de la fr&#233;quence cardiaque, le bloc asym&#233;trique et essentiellement sensitif associ&#233; &#224; une extension c&#233;phalique inhabituelle sont des manifestations qui pouvaient &#233;voquer l'injection sous-durale de l'anesth&#233;sique local [8].La mise en place accidentelle d'un cath&#233;ter dans l'espace sous-dural est une complication possible de la rachianesth&#233;sie continue et de l'anesth&#233;sie p&#233;ridurale continue. Cette complication peut expliquer occasionnellement l'&#233;chec d'une anesth&#233;sie p&#233;rim&#233;dullaire. Ses manifestations cliniques ne sont pas toujours uniformes et peuvent m&#234;me &#234;tre tr&#232;s inhabituelles. Le diagnostic clinique peut &#234;tre tr&#232;s difficile si bien que l'incidence de cette complication est sous-estim&#233;e [8].Cette complication n'est pas exceptionnelle et peut parfois &#234;tre grave. Le diagnostic doit &#234;tre &#233;voqu&#233; devant toute anesth&#233;sie p&#233;ridurale ou rachianesth&#233;sie produisant un effet inattendu [21]. Cette entit&#233; doit &#233;galement &#234;tre &#233;voqu&#233;e chaque fois que les anesth&#233;siques locaux administr&#233;s lors de l'anesth&#233;sie p&#233;ridurale ou rachidienne ne produisent pas les effets escompt&#233;s [8]. Dans ces situations, les doses suppl&#233;mentaires doivent &#234;tre inject&#233;es avec une extr&#234;me prudence car l'administration accidentelle des anesth&#233;siques locaux dans l'espace sous-dural peut induire tardivement un niveau d'anesth&#233;sie trop &#233;lev&#233; pouvant mettre en danger la vie du patient [8].Seul l'examen radiologique avec injection de produit de contraste, en incidences de face et de profil, permet de poser le diagnostic avec certitude [8, 21].Quant &#224; la prise en charge anesth&#233;sique, toute suspicion de bloc sous-dural impose l'arr&#234;t de l'utilisation et l'ablation (si possible apr&#232;s contr&#244;le radiographique) du cath&#233;ter. Le risque de l'utilisation d'un cath&#233;ter situ&#233; dans l'espace sous-dural est la survenue d'une br&#232;che entre cet espace et l'arachno&#239;de, entra&#238;nant alors une rachianesth&#233;sie totale. Apr&#232;s l'ablation du cath&#233;ter, une nouvelle p&#233;ridurale pourra &#234;tre entreprise, en ponctionnant si possible au niveau d'un autre espace intervert&#233;bral. Les injections d'anesth&#233;sique local suivantes devront &#234;tre prudentes et fractionn&#233;es car le risque de rachianesth&#233;sie &#233;tendue ou totale est alors plus important.En cas de survenue de troubles h&#233;modynamiques et/ou respiratoires, il faut bien s&#251;r interrompre toute injection dans le cath&#233;ter p&#233;ridural et le traitement est essentiellement symptomatique. Durant toute cette p&#233;riode de r&#233;animation, le monitorage du rythme cardiaque foetal est indispensable. En cas d'anomalies persistantes de celui-ci, une c&#233;sarienne pourra &#234;tre envisag&#233;e [20].&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Conclusion&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La mise en place accidentelle d'un cath&#233;ter dans l'espace sous-dural lors d'une anesth&#233;sie p&#233;ridurale est une complication rare et de diagnostic difficile. Son incidence r&#233;elle est sous-estim&#233;e car le diagnostic n'est g&#233;n&#233;ralement &#233;voqu&#233; que lorsque la clinique est bruyante. Seul l'examen radiologique avec injection de produit de contraste permet de poser le diagnostic avec certitude. En pratique, l'anesth&#233;siste doit suspecter cette complication chaque fois que l'anesth&#233;sie p&#233;ridurale ou rachidienne ne produit pas les effets escompt&#233;s ou au contraire, produit un effet inattendu.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;f&#233;rences&lt;/h3&gt;&lt;ol class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Mulroy MF, Norris MC, Liu SS. Safety steps for epidural injection of local anesthetics : review of the literature and recommendations. Anesth Analg, 1987 ; 85 : 1346-56.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Reina MA, De Leon CO, Lopez A, De Andres JA, Mora M, Fernandez A. The origin of the spinal subdural space : ultrastructure findings. Anesth Analg, 2002 ; 94 : 991-995, table.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Forrester DJ, Mukherji SK, Mayer DC, Spielman FJ. Dilute infusion for labor, obscure subdural catheter, and life-threatening block at caesarean delivery. Anesth Analg, 1999 ; 89 : 1267-1268.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Lee A, Dodd KW. Accidental subdural catheterisation. Anaesthesia, 1986 ; 41 : 847-849.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Lubenow T, Keh-Wong E, Kristof K, Ivankovitch O, Ivankovitch AD. Inadvertent subdural injection : a complication of an epidural block. Anesth Analg, 1988 ; 67 : 175-179.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Morgan B. Unexpectedly extensive conduction blocks in obstetric epidural analgesia. Anaesthesia, 1990 ; 45 : 148-152.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Singh B, Sharma P. Subdural block complicating spinal anesthesia ?. Anesth Analg, 2002 ; 94 : 1007-1009, table.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Mocan M, Gamulin Z, Klopfenstein CE, Forster A. Accidental catheterization of the subdural space : a complication of continuous peridural anesthesia. Can J Anaesth, 1989 : 36 : 708-712.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Lena P, Martin R. Subdural placement of an epidural catheter detected by nerve stimulation. Can J Anaesth, 2005 ; 52 : 618-621.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Bromage PR. Technical complications of epidural catheters. In : Bromage PR (Ed). Epidural analgesia : Saunders, 1978.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Paech MJ, Godkin R, Webster S. Complications of obstetric epidural analgesia and anaesthesia : a prospective analysis of 10995 cases. International of Obstetric Anaesthesia, 1998 ; 7 : 5-11.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Metha M, Salomon N. Extradural block. Confirmation of the injection site by X-ray monitoring. Anaesthesia, 1985 ; 40 : 1009-12.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Blomberg RB. The lumbar subdural extraarachnoid space of humans : an anatomical study using spinalscopy in autopsy cases. Anesth Analg, 1987 ; 66 : 177-80.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Maier C, Schele HA, Haverlach T. Subdural spread of a local anesthetic following installation of a peridural catheter. Reg Anaesth, 1990 ; 13 : 88-90.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Van der Maaten JM, Van Kleef JW. Failure of anaesthesia after accidental subdural catheter placement. Acta Anaesthesiol Scand, 1992 ; 36 : 707-709.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Babak Roboubi, Santosh M Kodgi. Accidental subdural injection of Ropivaca&#239;ne. Anesth Analg, 2006 ; 102 : 1585-1598.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Brindle Smith GB, Barton FL, Watt JH. Extensive spread of local anaesthetic solution following subdural insertion of an epidural catheter during labor. Anaesthesia, 1984 ; 39 : 355-8.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Mehta M, Maher R. Injection into extraarachnoid subdural space. Anaesthesia, 1977 ; 32 : 760-6.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Sprung J, Haddox JD, Maitra-D'Cruze AM. Horner's syndrome and trigeminal nerve palsy following epidural anaesthesia for obstetrics. Can J Anaesth, 1991 ; 38(6) : 767-71.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Boulay G. Extension exag&#233;r&#233;e de l'anesth&#233;sie locor&#233;gionale (rachianesth&#233;sie &#233;tendue/totale, bloc sous-dural). JEPU, 2003 ; 133-141.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Dounas M, Mercier FJ, Benhamou D. Accidental subdural cannulation, without pia-mater penetration, during epidural analgesia for labor. Annales Fran&#231;aises d'Anesth&#233;sie et de R&#233;animation, 1994 ; 13 : 839-842.&lt;/li&gt;&lt;/ol&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Un cas d'oed&#232;me pulmonaire neurog&#233;nique au d&#233;cours d'un traumatisme cr&#226;nien grave</title>
		<link>https://web-saraf.net/Un-cas-d-oedeme-pulmonaire.html</link>
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		<dc:date>2012-05-05T23:36:27Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator> 186 - Rakotomavo FA --&gt; Rakotomavo FA , 187 - Riel AM --&gt; Riel AM , 188 - Raoelijaona L --&gt; Raoelijaona L , 189 - Randriamiarana JM --&gt; Randriamiarana JM</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;R&#233;sum&#233; L'oed&#232;me pulmonaire neurog&#233;nique est une complication grave des l&#233;sions du syst&#232;me nerveux central d'origines multiples. Il se pr&#233;sente sous forme de d&#233;faillance respiratoire aigu&#235;. Le diagnostic est essentiellement clinique apr&#232;s &#233;limination des diagnostics diff&#233;rentiels, et radiologique par l'individualisation du syndrome alv&#233;olaire. Le traitement repose sur une diminution de l'hypertension intracr&#226;nienne et une r&#233;gression de la surcharge pulmonaire par l'abaissement de la pr&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://web-saraf.net/-Tome-17-no1-2012-.html" rel="directory"&gt;Tome 17 n&#176;1 - 2012&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;sum&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;L'oed&#232;me pulmonaire neurog&#233;nique est une complication grave des l&#233;sions du syst&#232;me nerveux central d'origines multiples. Il se pr&#233;sente sous forme de d&#233;faillance respiratoire aigu&#235;. Le diagnostic est essentiellement clinique apr&#232;s &#233;limination des diagnostics diff&#233;rentiels, et radiologique par l'individualisation du syndrome alv&#233;olaire. Le traitement repose sur une diminution de l'hypertension intracr&#226;nienne et une r&#233;gression de la surcharge pulmonaire par l'abaissement de la pr&#233; charge et de la post charge ainsi que par l'usage des inotropes positifs. Nous rapportons le cas d'un patient qui a d&#233;velopp&#233; un oed&#232;me pulmonaire neurog&#233;nique &#224; la suite d'un traumatisme cr&#226;nien grave, notre objectif est de rapporter notre cas puis de discuter la pr&#233;sentation clinique et la prise en charge par rapports aux donn&#233;es de la litt&#233;rature.
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mots cl&#233;s&lt;/strong&gt; : OEd&#232;me pulmonaire, neurog&#233;nique, traumatisme cr&#226;nien, h&#233;morragie sous-arachno&#239;dienne&lt;br class='autobr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Summary&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;Neurogenic pulmonary edema is a life-threatening complication of many central nervous system injuries. It appears as an acute respiratory distress. Diagnosis is essentially clinic after exclusion of differential diagnosis, and radiologic by individualization of alveolar syndrom. Treatment consists on reducing intracranial pressure and pulmonary overload by decrease of pr&#233;- and after-load and by improvement of cardiac contractility by inotropes. We report a case of a patient who developed a neurogenic pulmonary edema after a severe head injury, and our aim is to relate and to discuss the clinical features and the treatment through literature
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Keywords&lt;/strong&gt; : Pulmonary edema, neurogenic, head injury, subarachnoid haemorrhage&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Introduction&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'oed&#232;me pulmonaire neurog&#233;nique est d&#233;crit comme une dyspn&#233;e aigu&#235; ou une diminution de la pression partielle art&#233;rielle en oxyg&#232;ne (Pa02) due &#224; une congestion interstitielle et alv&#233;olaire apr&#232;s une agression du syst&#232;me nerveux central [1,2]. Il s'agit d'une affection relativement fr&#233;quente mais souvent non ou sous-diagnostiqu&#233;e par le praticien. La mortalit&#233; y aff&#233;rente est &#233;lev&#233;e [1], en cas de survie, il compromet l'avenir neurologique du patient du fait de l'hypoxie qu'il provoque. Nous rapportons le cas d'un patient qui a d&#233;velopp&#233; un oed&#232;me pulmonaire neurog&#233;nique au d&#233;cours d'un traumatisme cr&#226;nien grave&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Observation&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Un homme de 60 ans &#233;tait admis au service des urgences puis au service de r&#233;animation chirurgicale du CHU Joseph Ravoahangy Andrianavalona, le 24 Juillet 2008, &#224; la suite d'une chute dans un ravin, sans point d'impact pr&#233;cis. Le patient &#233;tait &#233;thylique, tabagique &#224; 10 paquets ann&#233;es et pr&#233;sentait dans les ant&#233;c&#233;dents une notion de crises convulsives apyr&#233;tiques. Il n'avait pas d'ant&#233;c&#233;dents cardiovasculaires ni respiratoires ant&#233;rieurs. A l'entr&#233;e, la pression art&#233;rielle &#233;tait de 140/80 mm Hg, la fr&#233;quence cardiaque &#233;tait &#224; 90 battements par minute, la fr&#233;quence respiratoire &#224; 30 cycles par minute et le patient &#233;tait color&#233;. La saturation p&#233;riph&#233;rique en oxyg&#232;ne (Sp02) &#233;tait de 97%. L'examen neurologique avait r&#233;v&#233;l&#233; un score de Glasgow &#224; 8/15, des pupilles en myosis r&#233;actives sym&#233;triques, un d&#233;ficit moteur gauche et une raideur de la nuque. Le reste de l'examen &#233;tait normal. L'h&#233;mogramme avait montr&#233; une l&#233;g&#232;re an&#233;mie normochrome normocytaire, et une hyperleucocytose &#224; pr&#233;dominance neutrophile. L'ionogramme sanguin et le reste de l'examen sanguin &#233;taient normaux. La tomodensitom&#233;trie c&#233;r&#233;brale effectu&#233;e en urgence avait objectiv&#233; une volumineuse h&#233;morragie intrac&#233;r&#233;brale droite avec oed&#232;me p&#233;ri l&#233;sionnel compliqu&#233;e d'une h&#233;morragie sous-arachno&#239;dienne et d'une inondation intra ventriculaire. On notait &#233;galement une fracture multi fragmentaire de la paroi du sinus maxillaire droit. (figure1)&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_154 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;116&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://web-saraf.net/local/cache-vignettes/L500xH346/fig1-3-36fe2.jpg?1734777656' width='500' height='346' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-154 '&gt;&lt;strong&gt;Fig. 1
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-154 '&gt;Volumineuse h&#233;morragie intrac&#233;r&#233;brale droite avec inondation ventriculaire &#224; la tomodensitom&#233;trie c&#233;r&#233;brale
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Quelques heures apr&#232;s l'accident, on notait la survenue brutale d'une dyspn&#233;e avec chute de la saturation art&#233;rielle en oxyg&#232;ne &#224; 88% malgr&#233; une oxyg&#233;nation &#224; 5 litres par minutes. L'examen physique r&#233;v&#233;lait une cyanose discr&#232;te des extr&#233;mit&#233;s, des expectorations saumon&#233;es, une tachycardie &#224; 120 battements par minutes et des gros cr&#233;pitants en mar&#233;e montante au niveau des deux champs pulmonaires. On n'avait not&#233; ni galop ni souffle cardiaque. La radiographie pulmonaire avait montr&#233; des opacit&#233;s alv&#233;olaires bilat&#233;rales pr&#233;dominant au niveau hilaire (figure 2).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_155 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;99&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://web-saraf.net/local/cache-vignettes/L487xH507/fig2-2-9425e.jpg?1734726381' width='487' height='507' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-155 '&gt;&lt;strong&gt;Fig. 2
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-155 '&gt;Opacit&#233;s alv&#233;olaires bilat&#233;rales pr&#233;dominant au niveau hilaire &#224; la radiographie du thorax
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;lectrocardiographie &#233;tait normale &#224; part la tachycardie sinusale. L'&#233;chocardiographie &#233;tait normale. Une intubation orotrach&#233;ale suivie de ventilation m&#233;canique avec une pression positive de fin d'expiration de 8mmHg avait &#233;t&#233; d&#233;cid&#233;e. Le patient avait b&#233;n&#233;fici&#233; d'une administration de diur&#233;tiques, de cortico&#239;des : Methylprednisolone &#224; 1 mg/kg ainsi que d'anti- H2 (Ranitidine) pour la pr&#233;vention de l'ulc&#232;re de stress, concomitante &#224; l'administration d'anti-oed&#233;mateux (mannitol). Les mesures g&#233;n&#233;rales et les soins de nursing communs &#224; tous traumatismes cr&#226;niens graves avaient &#233;t&#233; respect&#233;s. Par ailleurs, la pr&#233;vention des agressions c&#233;r&#233;brales secondaires d'origine syst&#233;mique &#233;tait effectu&#233;e. Malgr&#233; cela, le patient &#233;tait d&#233;c&#233;d&#233; au troisi&#232;me jour d'hospitalisation d'oed&#232;me aigu du poumon.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Discussions&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'oed&#232;me pulmonaire neurog&#233;nique a &#233;t&#233; d&#233;crit pour la premi&#232;re fois par Shanahan en 1908 sur des patients ayant pr&#233;sent&#233; des convulsions g&#233;n&#233;ralis&#233;es graves [3]. Depuis, la litt&#233;rature rapporte des cas r&#233;sultants de causes diverses (tumeurs c&#233;r&#233;brales, m&#233;ningites, isch&#233;mie c&#233;r&#233;brales,&#8230;). La principale cause est l'h&#233;morragie sous-arachno&#239;dienne, traumatique comme celle rencontr&#233;e chez notre patient ou par rupture d'an&#233;vrysme intracr&#226;nien ; 43 &#224; 73% des oed&#232;mes pulmonaires r&#233;sultent d'une h&#233;morragie sous-arachno&#239;dienne. Il est &#233;galement rencontr&#233; dans pr&#232;s de 20% des traumatismes cr&#226;niens graves [1,4]. L'explication physiopathologique reste hypoth&#233;tique mais deux m&#233;canismes plus ou moins intriqu&#233;s sont les plus &#233;voqu&#233;s [1, 5,6]. L'hypoth&#232;se h&#233;modynamique suppose qu'&#224; la suite d'une &#233;l&#233;vation de la pression intracr&#226;nienne ou lors de l&#233;sion ou stimulation sp&#233;cifique des centres responsables de l'autor&#233;gulation du tonus capillaire pulmonaire (hypothalamus, neurones cat&#233;cholaminergiques A1 de la medulla oblongata, centres pr&#233; ganglionnaires cervicaux), il y a une hyperstimulation sympathique par d&#233;charge cat&#233;cholaminergique accrue. Cela va entrainer une vasoconstriction pulmonaire et une &#233;l&#233;vation rapide de la pression hydrostatique capillaire pulmonaire &#224; l'origine d'une inondation interstitielle puis alv&#233;olaire quand la pression transmurale s'&#233;l&#232;ve au-del&#224; de 40 mm Hg. D'un autre c&#244;t&#233;, le &#171; blast theory &#187; suppose que l'oed&#232;me initialement hydrostatique puisse secondairement entrainer un oed&#232;me de perm&#233;abilit&#233; par fracture secondaire de la paroi capillaire, et l'inflammation provoqu&#233;e serait &#224; l'origine de largage de prot&#233;ines de l'inflammation qui favoriserait l'exsudation au niveau des alv&#233;oles. Depuis quelques ann&#233;es, on pense qu'une dysfonction cardiaque r&#233;sultant d'une lib&#233;ration exag&#233;r&#233;e de cat&#233;cholamines et des perturbations m&#233;taboliques serait &#233;galement impliqu&#233;e dans la survenue de l'oed&#232;me pulmonaire [7]. Cliniquement il se pr&#233;sente comme tout oed&#232;me pulmonaire sous forme de tachypn&#233;e, tachycardie, &#233;mission d'expectorations roses saumon&#233;es et on retrouve des r&#226;les alv&#233;olaires &#224; l'auscultation pulmonaire. Ces signes &#233;taient pr&#233;sents chez notre patient. Parfois une fi&#232;vre mod&#233;r&#233;e peut se rencontrer [6]. L'oed&#232;me pulmonaire neurog&#233;nique se distingue des autres oed&#232;mes par sa survenue quelques minutes &#224; quelques heures apr&#232;s une agression s&#233;v&#232;re du syst&#232;me nerveux central, par sa r&#233;solution rapide en 2 &#224; 3 jours, par l'absence d'ant&#233;c&#233;dents cardio-pulmonaires pr&#233;existant et par l'absence d'une origine cardiog&#233;nique [1,4,8]. La biologie est peu sp&#233;cifique. Parfois, on rencontre comme chez notre patient une l&#233;g&#232;re hyperleucocytose [6] ainsi qu'une &#233;l&#233;vation des enzymes cardiaques [9,10]. Le gaz du sang peut montrer une diminution de la pression partielle en oxyg&#232;ne et du pH sanguin. G&#233;n&#233;ralement, la radiographie pulmonaire montre un syndrome alv&#233;olaire bilat&#233;ral avec une aire cardiaque normale. Mais une localisation unilat&#233;rale peut se rencontrer comme dans le cas rapport&#233; par Perrin [11]. Les explorations cardiaques comme l'&#233;lectrocardiographie, l'&#233;chocardiographie, la scintigraphie cardiaque et les explorations h&#233;modynamiques invasives sont souvent normales. Mais des anomalies peuvent se remarquer lors de dysfonction cardiaque neurog&#233;nique associ&#233;e [4,7]. Il faut &#233;liminer les diagnostics diff&#233;rentiels comme les pneumonies d'aspiration, les infections respiratoires, les exc&#232;s de remplissage et l'oed&#232;me cardiog&#233;nique. L'absence d'aspiration fr&#233;quente, l'apparence des secr&#233;tions trach&#233;ales, le rapide d&#233;veloppement et r&#233;solution de l'oed&#232;me, l'absence d'&#233;l&#233;vation de la procalcitonine et la survenue apr&#232;s un stress neurologique sont en faveur de l'origine neurog&#233;nique de l'oed&#232;me [4]. Le traitement est &#224; la fois causal en diminuant la pression intracr&#226;nienne et symptomatique, consistant en une am&#233;lioration de la fonction respiratoire et en une optimisation de l'&#233;tat h&#233;modynamique [1,4,12]. La diminution de la pression intracr&#226;nienne peut &#234;tre obtenue chirurgicalement (&#233;vacuation d'un h&#233;matome, volet de d&#233;compression,&#8230;) ou m&#233;dicalement par l'usage d'un anti-oed&#233;mateux. Parfois, une hypercapnie mod&#233;r&#233;e ou une hypothermie peuvent &#234;tre propos&#233;es. L'am&#233;lioration de la fonction respiratoire passe par une oxyg&#233;noth&#233;rapie, &#224; l'usage de diur&#233;tiques, de bronchodilatateurs, et parfois par la mise en position ventrale sous couvert d'un bon monitorage de la pression intracr&#226;nienne. Un support ventilatoire est souvent utile. Autant que possible, la ventilation non invasive est privil&#233;gi&#233;e. Sinon, le recours &#224; la ventilation invasive avec pression positive de fin d'expiration est de mise, utilis&#233;e avec pr&#233;caution car elle peut diminuer le retour veineux et compromettre la perfusion c&#233;r&#233;brale. L'optimisation de l'&#233;tat h&#233;modynamique consiste &#224; abaisser la pr&#233; et la post charge surtout en diminuant la r&#233;sistance vasculaire par l'administration d'alpha adr&#233;nolytiques (chlorpromazine, labetalol,&#8230;). Exp&#233;rimentalement l'oxyde nitrique a aussi montr&#233; son efficacit&#233;. Une augmentation de la contractilit&#233; myocardique peut &#234;tre obtenue par l'administration d'inotropes positifs essentiellement la dobutamine. En effet, le patient avec oed&#232;me pulmonaire neurog&#233;nique pr&#233;sente une diminution du volume circulant et est donc consid&#233;r&#233; comme &#224; haut risque d'isch&#233;mie c&#233;r&#233;brale. Le traitement devrait donc &#234;tre balanc&#233; par rapport aux risques d'hypovol&#233;mie [13]. A ce jour, aucun traitement pr&#233;ventif n'est bien individualis&#233;. Pourtant, Sedy a sugg&#233;r&#233; que l'administration pr&#233;coce d'une forte dose d'atropine pourrait diminuer la survenue d'oed&#232;me pulmonaire neurog&#233;nique en att&#233;nuant la diminution de la fr&#233;quence cardiaque [14]. Notre patient &#233;tait d&#233;c&#233;d&#233; au troisi&#232;me jour malgr&#233; le traitement. G&#233;n&#233;ralement, l'oed&#232;me pulmonaire neurog&#233;nique se r&#233;sout en 48 &#224; 72 heures [4]. Le pronostic de survie est corr&#233;l&#233; avec l'&#233;tat neurologique du patient. La mortalit&#233; r&#233;ellement attribuable &#224; l'oed&#232;me pulmonaire est de l'ordre de 7 &#224; 10% [4,5,8].&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Conclusion&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'oed&#232;me pulmonaire neurog&#233;nique est une complication relativement fr&#233;quente mais sous-diagnostiqu&#233;e des atteintes graves touchant le syst&#232;me nerveux central. Le praticien devrait toujours y penser devant la survenue de dyspn&#233;e ou d'une hypoxie apr&#232;s une agression c&#233;r&#233;brale afin d'entamer les mesures ad&#233;quates qui pr&#233;sentent certaines particularit&#233;s par rapport &#224; celles requises dans les autres causes d'oed&#232;me pulmonaire. La connaissance des m&#233;canismes physiopathologiques a permis d'optimiser la prise en charge. Mais le traitement institu&#233; devrait toujours veiller &#224; ne pas aggraver les l&#233;sions c&#233;r&#233;brales initiales.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;f&#233;rences&lt;/h3&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Baumann A, Audibert G, Mc Donell J, Mertes PM. Neurogenic pulmonary edema. Acta Anaestegiol Scand 2007 ;51:447-455&lt;/li&gt;&lt;li&gt; O'Leary R, McKinley J. Neurogenic pulmonary edema. Contin Educ Anaesth Crit Care Pain 2011 ; 11 : 87-92&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Figueiredo EG, Oliveira AMP, De Almeida RCE, Teixeira MJ.Subarachnoid hemorrhage and hydrocephalus causing neurogenic pulmonary edema. Arq Neuropsyquiatre. 2010 ; 68 : 461-62&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Shanahan WT. Acute pulmonary oedema as a complication of epileptic seizures. NY Med J 1908 ; 87 : 54-56&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Sedy J, Zicha J, Kunes J, Jendelova P, Sykova E. Mechanisms of neurogenic pulmonary edema development. Physiol Res 2008 ; 57 : 499-506&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Agrawal A, Timothy J, Pandit L, Kumar A, Singh GK, L akshmi R. Neurogenic pulmonary oedema. Eur J Gen Med 2007 ; 4:25-32&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Bahloul M, Chaari A, Chabchoub I, Chtara K, Abid L, Kallel H, Bouaziz M. Place de l'atteinte cardiaque lors de l'oed&#232;me pulmonaire neurog&#233;nique. R&#233;animation 2010 ; 19:111-120&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Fontes RB, Agular PH, Zanetti MV, Andrade F, Mandel M, Teixeira MJ. Acute neurogenic pulmonary edema : case&lt;/li&gt;&lt;li&gt; reports and litterature review. J Neurosurg Anesthesiol 2003 ; 15 : 144-150&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Meaudre E, Polycarpe A, Pernod G, Salinier L, Cantais E, Bruder N. OEd&#232;me pulmonaire neurog&#233;nique au cours des h&#233;morragies sous-arachnoidiennes et brain natriuretic peptide. Ann Fr Anesth Reanim 2004 ; 23 : 1076-1079&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Mun SH, Choi WJ, Mok JM, Yang JY, Woo CH. Neurogenic-stunned myocardium and pulmonary edema following a ruptured cerebral aneurysm. Korean J Crit Med 2010 ; 25 : 93-97&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Perrin C, Jullien V, V&#233;nissac N, Lonjon M, Blaive B. un cas d'oed&#232;me pulmonaire neurog&#233;nique unilat&#233;ral. Rev pneumol clin 2004 ; 60 : 43-45&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Seric V, Roje-Bedekovic M, Demarin V. Neurogenic pulmonary edema. Acta Clin Croat 2004 ; 43 : 389- 395&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Hoff RG, Rinkel GJE, Verweij BH, Algra A, Kalkman CJ. Pulmonary edema and blood volume after aneurismal subarachnoid hemorrhage : a prospective observational study. Crit care 2010 ; 14 : R43&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Sedy J, Zicha J, Kunes J, Sykova E. Atropine may prevent the development of neurogenic pulmonary oedema. Med hypotheses 2009 ; 73 : 42-44&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		
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