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	<title>SARAF </title>
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	<description>Portail officiel de la Soci&#233;t&#233; d'Anesth&#233;sie R&#233;animation d'Afrique Francophone (SARAF), une organisation fond&#233;e le 15 d&#233;cembre 1984 &#224; Cotonou, B&#233;nin.
La SARAF vise &#224; promouvoir l'anesth&#233;sie et la r&#233;animation en Afrique francophone &#224; travers la formation, la recherche et la diffusion des connaissances.
Le site propose une vari&#233;t&#233; de ressources pour les professionnels de sant&#233;, notamment : Actualit&#233;s : Mises &#224; jour sur les &#233;v&#233;nements r&#233;cents, les congr&#232;s et les d&#233;veloppements dans le domaine de l'anesth&#233;sie et de la r&#233;animation en Afrique francophone. Agenda : Informations sur les &#233;v&#233;nements &#224; venir, y compris les congr&#232;s, les ateliers et les formations pertinentes pour les praticiens. Biblioth&#232;que : Acc&#232;s &#224; des documents, des livrets de congr&#232;s et des ressources li&#233;es &#224; la pratique de l'anesth&#233;sie et de la r&#233;animation. Revue Africaine d'Anesth&#233;siologie et de M&#233;decine d'Urgence (RAMUR) : La publication officielle de la SARAF, offrant des articles de recherche, des &#233;tudes de cas et des revues de litt&#233;rature. Les auteurs peuvent trouver des instructions pour la soumission de manuscrits, et les lecteurs peuvent acc&#233;der aux num&#233;ros pr&#233;c&#233;dents de la revue.</description>
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		<title>SARAF </title>
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		<title>Embolie amniotique et c&#233;sarienne pour grossesse triple &#224; propos d'un cas au service de gyn&#233;cologie et d'obst&#233;trique du Centre Hospitalier de Creil</title>
		<link>https://web-saraf.net/Embolie-amniotique-et-cesarienne.html</link>
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		<dc:date>2014-10-13T22:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator> 19 - Adjoby Roland --&gt; Adjoby Roland , 68 - N'guessan Yapi Francis --&gt; N'guessan Yapi Francis , 17 - Effoh N'Drin Denis --&gt; Effoh N'Drin Denis , 709 - Konan J --&gt; Konan J , 476 - Ahounkeng NP --&gt; Ahounkeng NP , 478 - Andriamandimbison Z N --&gt; Andriamandimbison Z N , 776 - Poirier T --&gt; Poirier T , 777 - Dienga TE --&gt; Dienga TE</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Auteur correspondant : Adjoby Cassou Roland. Email : r.adjoby chez yahoo.fr. [( R&#233;sum&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
L'embolie amniotique est une complication impr&#233;visible et redoutable de la grossesse. Le diagnostic est g&#233;n&#233;ralement pos&#233; sur la base des signes cliniques ou au cours d'une autopsie en cas de d&#233;c&#232;s de la parturiente. Nous rapportons le cas d'une gestante de 32 ans, G3 P2 qui a pr&#233;sent&#233; au cours d'une c&#233;sarienne pour grossesse triple des convulsions g&#233;n&#233;ralis&#233;es, un collapsus cardiorespiratoire suivi (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://web-saraf.net/-tome-19-no3-2014-.html" rel="directory"&gt;tome 19 n&#176;3 - 2014&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Auteur correspondant : Adjoby Cassou Roland. Email : &lt;a href=&#034;r.adjoby&lt;span class='mcrypt'&gt; chez &lt;/span&gt;yahoo.fr.&#034;&gt;r.adjoby&lt;span class='mcrypt'&gt; chez &lt;/span&gt;yahoo.fr.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;sum&#233;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'embolie amniotique est une complication impr&#233;visible et redoutable de la grossesse. Le diagnostic est g&#233;n&#233;ralement pos&#233; sur la base des signes cliniques ou au cours d'une autopsie en cas de d&#233;c&#232;s de la parturiente. Nous rapportons le cas d'une gestante de 32 ans, G3 P2 qui a pr&#233;sent&#233; au cours d'une c&#233;sarienne pour grossesse triple des convulsions g&#233;n&#233;ralis&#233;es, un collapsus cardiorespiratoire suivi d'une coagulation intra vasculaire diss&#233;min&#233;e avec une h&#233;morragie de la d&#233;livrance s&#233;v&#232;re. Les tripl&#233;s sont n&#233;s avec un bon score d'APGAR. La patiente a surv&#233;cu avec des s&#233;quelles neurologiques r&#233;versibles &#224; type de troubles de la m&#233;moire. Le diagnostic de l'embolie amniotique a &#233;t&#233; retenu seulement sur la base clinique, la d&#233;tection de la pr&#233;sence de cellules amniotiques dans le sang maternel ainsi que dans le liquide broncho-alv&#233;olaire n'ayant pu &#234;tre r&#233;alis&#233;e dans l'urgence. Ce cas nous rappelle les conditions dans lesquelles surviennent l'embolie amniotique, et sa gravit&#233; ; ainsi l'obst&#233;tricien devrait avoir en m&#233;moire ce diagnostic, et l'&#233;voquer chaque fois que la symptomatologie s'y pr&#234;te, la pr&#233;cocit&#233; de diagnostic et de prise en charge influen&#231;ant fortement le pronostic. &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Mots-cl&#233;s &lt;/strong&gt; : Embolie de liquide amniotique, H&#233;morragie de la d&#233;livrance, C&#233;sarienne, grossesse triple, Arr&#234;t cardiorespiratoire, Coagulopathie, Cellule amniotique&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Summary&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Amniotic fluid embolism is an unpredictable and dreadful pregnancy complication. The diagnosis is generally made on the basis of clinical signs or during the autopsy in case of the parturient death. We mention the case of a 32 years old pregnant woman, G3P2 who, during a cesarean section in a triple multiple pregnancy had generalized convulsions, a cardiovascular collapse followed by a disseminated intravascular coagulation, with grave post-partum hemorrhage. The set of triplets are born with a good Apgar score. The patient survived with reversible neurological aftereffects such as memory problems. The Amniotic fluid embolism diagnosis has been made only on the clinical basis, since the presence detection of amniotic cells in the maternal blood as well as in the bronchial and alveolar fluid has not been done in emergency. This case reminds us about the conditions in which amniotic fluid embolism occurs, and its seriousness. So, the obstetrician should keep in mind this diagnosis and mention it each time that the symptoms refer to it, since an early diagnosis and management strongly influences the prognosis.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Key-words :&lt;/strong&gt; Amniotic fluid embolisms, post-partum hemorrhage cesarean section, triple multiple pregnancy, cardiovascular collapse, disseminated intravascular coagulation, amniotic cells&lt;br class='autobr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Introduction&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'embolie amniotique est une complication rarissime mais grave de l'accouchement, elle correspond au passage de liquide amniotique dans la circulation maternelle. Elle repr&#233;sente l'une des complications les plus redout&#233;es en obst&#233;trique, du fait de son caract&#232;re la plupart du temps impr&#233;visible, et de la mise en jeu souvent simultan&#233; des pronostics maternel et f&#339;tal [1,2]. Les m&#233;canismes conduisant &#224; sa survenue et aux manifestations cliniques demeurent encore mal connus [3,4]. L'absence de crit&#232;res biologiques valid&#233;s pour son diagnostic constitue un facteur limitant l'analyse des donn&#233;es de la litt&#233;rature, d'autant plus que les manifestations cliniques sont vari&#233;es et laissent supposer que des formes pauci-symptomatiques, mais potentiellement graves ne sont pas diagnostiqu&#233;es. En l'absence de traitement sp&#233;cifique, la prise en charge est purement symptomatique. Le progr&#232;s dans les techniques de r&#233;animation mises en &#339;uvre a dans une large mesure contribu&#233; &#224; l'am&#233;lioration du pronostic materno-f&#339;tal rapport&#233;e ces derni&#232;res ann&#233;es, m&#234;me si celui-ci demeure encore s&#233;v&#232;re. Nous rapportons un cas d'embolie amniotique de diagnostic purement clinique survenu au cours d'une c&#233;sarienne pour une grossesse triple, avec survie de la m&#232;re et des tripl&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Observation :&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit de H.H patiente de 32 ans d'origine alg&#233;rienne, G3 P2, ayant eu 2 accouchements eutociques en 2004 et 2008, porteuse d'une grossesse triple obtenue apr&#232;s une stimulation ovarienne par Clomid. Un cerclage prophylactique avait &#233;t&#233; r&#233;alis&#233; &#224; 14 semaines d'am&#233;norrh&#233;e. La patiente a par la suite &#233;t&#233; hospitalis&#233;e pour une menace d'accouchement pr&#233;matur&#233; &#224; 28SA +2j et a b&#233;n&#233;fici&#233; d'une corticoth&#233;rapie ant&#233;natale, d'une tocolyse au Loxen et d'une prophylaxie anti thromboembolique au Lovenox. Une c&#233;sarienne a &#233;t&#233; programm&#233;e &#224; 33 semaines et r&#233;alis&#233;e sous rachianesth&#233;sie avec 10 mg de Bupivaca&#239;ne hyperbare et 5 gammas de Sufenta apr&#232;s remplissage vasculaire. En per-op&#233;ratoire, l'&#233;tat h&#233;modynamique initial va &#234;tre parfaitement stable. Les extractions du premier jumeau (J1, poids = 1600g, Apgar 10/10) et deuxi&#232;me jumeau (J2, poids = 1870g, Apgar 10/10) vont se d&#233;rouler sans incident particulier. Par contre &#224; l'extraction du troisi&#232;me jumeau (J3, poids = 1940 g, APGAR 8/10), va survenir de fa&#231;on brutale chez la m&#232;re un collapsus avec d&#233;saturation art&#233;rielle, une bradycardie extr&#234;me et des troubles de la conscience suivis de convulsions g&#233;n&#233;ralis&#233;es. Il s'agissait d'une grossesse bichoriale triamniotique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant la d&#233;faillance circulatoire, un massage cardiaque externe a &#233;t&#233; effectu&#233;. Il &#233;tait associ&#233; &#224; des bolus it&#233;ratifs d'Adr&#233;naline de 0,2 mg. Parall&#232;lement &#224; la r&#233;animation circulatoire, la patiente a &#233;t&#233; intub&#233;e et ventil&#233;e puis une s&#233;dation a &#233;t&#233; institu&#233;e et entretenue avec du midazolam 7mg/h et Sufenta 20 Microgrammes / heure. Durant l'hysterorraphie, est survenue une atonie ut&#233;rine prise en charge par Nalador en intraveineuse, avec formation d'un globe ut&#233;rin initialement efficace. Une &#233;chocardiographie a par la suite &#233;t&#233; effectu&#233;e, et va conforter l'hypoth&#232;se d'embolie amniotique, celle-ci ayant r&#233;v&#233;l&#233; une dysfonction systolique VG mod&#233;r&#233;e avec FEVG &#224; 42%, une hypertension art&#233;rielle pulmonaire (HTAP) &#224; 65 mmHg avec discret septum paradoxal en proto diastole ; les gaz du sang ont objectiv&#233; une hypox&#233;mie s&#233;v&#232;re avec PO2 initiale &#224; 119 mmHg sous FIO2 80%. Sur le plan biologique, la NFS et l'ionogramme sanguin &#233;taient normaux, le TP a chut&#233; de 92 &#224; 56% et le fibrinog&#232;ne de 4,9 &#224; 2,18g/l. L'&#233;tat cardiorespiratoire est rest&#233; stable, par contre on a observ&#233; une reprise avec persistance d'un saignement ut&#233;rin malgr&#233; un bon globe ut&#233;rin et les contr&#244;les biologiques ult&#233;rieurs ont confirm&#233; la constitution d'une fibrinolyse, avec chute du TP &#224; 51%, chute du fibrinog&#232;ne &#224; 1,5 g/dl, la recherche de complexes solubles &#233;tait n&#233;gative. Une indication d'hyst&#233;rectomie d'h&#233;mostase a &#233;t&#233; prise devant la persistance de ce saignement. La patiente va b&#233;n&#233;ficier de 3 g de Clottagen, 3 PFC et 4 culots globulaires. Elle a &#233;t&#233; secondairement reconduite au bloc op&#233;ratoire et un massage ut&#233;rin a &#233;t&#233; initi&#233;. Ce massage coupl&#233; aux transfusions pr&#233;c&#233;dentes ont permis de contr&#244;ler le saignement, et le geste chirurgical a &#233;t&#233; abandonn&#233;. Le dosage de la tryptase, et des pr&#233;l&#232;vements du liquide de lavage broncho alv&#233;olaire et sanguin ont &#233;t&#233; effectu&#233;s chez la m&#232;re, &#224; la recherche de cellule amniotique et achemin&#233;s &#224; Lyon. L'&#233;volution a par la suite &#233;t&#233; favorable en 24 heures, avec am&#233;lioration de l'h&#233;mostase et de l'&#233;tat h&#233;modynamique. Le contr&#244;le &#233;cho-cardiographique a confirm&#233; une bonne r&#233;cup&#233;ration de la fonction systolique ventriculaire gauche, par contre une persistance d'une HTAP avec une PAPS &#224; 55 mmHg ; la radiographie pulmonaire &#233;tait normale. Apr&#232;s arr&#234;t de la s&#233;dation, la patiente a finalement &#233;t&#233; extub&#233;e. &#224; 48 heures, le taux d'Hb &#233;tait de 10,2 g/dl, les plaquettes &#233;taient normales et le TP &#224; 96 % ; la patiente a &#233;t&#233; mise sous Lovenox 40mg/j. Les suites op&#233;ratoires ont &#233;t&#233; marqu&#233;es par une an&#233;mie et une amn&#233;sie. L'IRM c&#233;r&#233;brale r&#233;alis&#233;e n'a pas objectiv&#233; de l&#233;sion focale. La sortie de la patiente a &#233;t&#233; autoris&#233;e &#224; J8 post op&#233;ratoire avec poursuite du suivi neurologique en externe.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Discussion&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'embolie de liquide amniotique (ELA) est un &#233;v&#233;nement rarissime, mal connu, dont l'incidence est estim&#233;e &#224; 1/8&#8200;000 &#224; 1/80&#8200;000 grossesses [3-7]. &lt;br class='autobr' /&gt;
Elle vient au troisi&#232;me rang des causes de mortalit&#233; maternelle en France, &#233;tant incrimin&#233;e dans 10%des cas. Sa survenue brutale, le plus souvent lors du travail ou imm&#233;diatement apr&#232;s l'accouchement, le tableau clinique polymorphe sans sympt&#244;mes annonciateurs et l'absence de diagnostic biologique de certitude expliquent la gravit&#233; de cette pathologie associ&#233;e &#224; une mortalit&#233; maternelle &#233;lev&#233;e. Simple ultrafiltrat de s&#233;rum en d&#233;but de grossesse, le liquide amniotique contient en fin de grossesse des produits de desquamation f&#339;taux, la mucine, le lanugo, parfois du m&#233;conium, des prostaglandines (PGE2 et PGF2) et des facteurs tissulaires aux propri&#233;t&#233;s pro coagulantes et vaso-actives. Selon certains auteurs, il y aurait un passage physiologique de petite quantit&#233; de liquide amniotique dans la circulation maternelle pendant l'accouchement [7]. Le passage de liquide amniotique par rupture de la barri&#232;re ut&#233;ro-placentaire peut se faire au niveau des veines endocervicales, du site d'insertion placentaire et des l&#233;sions ut&#233;rines post-traumatiques (rupture ut&#233;rine, c&#233;sarienne) [7, 8]. Dans notre cas, le passage s'est probablement fait la br&#232;che ut&#233;rine de c&#233;sarienne, et ce risque de passage &#233;tait par ailleurs major&#233; dans notre observation par le fait qu'il s'agissait d'une grossesse triamniotique, dans laquelle la pression de liquide dans l'ut&#233;rus est plus forte. L'effraction de liquide amniotique dans la circulation maternelle entra&#238;ne d'une part une obstruction capillaire responsable d'une hypertension art&#233;rielle pulmonaire (HTAP), d'un shunt intra-pulmonaire et d'une hypoxie s&#233;v&#232;re et d'autre part une coagulation intra vasculaire diss&#233;min&#233;e (CIVD). L'ELA se manifeste le plus souvent par un malaise, une dyspn&#233;e, puis un collapsus cardiovasculaire, qui se compliquent d'un syndrome h&#233;morragique et d'une d&#233;faillance multivisc&#233;rale en liaison avec la CIVD et la r&#233;action anaphylactique vraisemblablement induite [7,9,10]. Dans notre cas, il est survenu de fa&#231;on brutale des troubles h&#233;modynamiques avec bradycardie s&#233;v&#232;re et collapsus, des troubles de conscience et des convulsions g&#233;n&#233;ralis&#233;es. Ces convulsions et troubles de conscience sont secondaires &#224; une hypoxie c&#233;r&#233;brale brutale, li&#233;e &#224; la d&#233;faillance cardiorespiratoire [11]. Classiquement, une d&#233;faillance h&#233;modynamique s'installe sur un mode biphasique : d'abord une d&#233;faillance du VD avec HTAP qui dure moins de 60 minutes et ensuite une d&#233;faillance du VG secondaire avec hypox&#233;mie, (vasospasme, hypoxie), interd&#233;pendance VD/VG, toxicit&#233; directe du liquide amniotique avec effet inotrope n&#233;gatif (endoth&#233;line) et la CIVD va d&#233;couler de l'activation de la coagulation par facteur tissulaire entrainant un Syndrome h&#233;morragique [5]. L'apport de la biologie dans la prise en charge maternelle consiste essentiellement &#224; caract&#233;riser l'&#233;tat de choc. Les gaz du sang et l'ionogramme sanguin appr&#233;cient les principales fonctions vitales et, le bilan d'h&#233;mostase l'h&#233;morragie et la CIVD [5-7]. La r&#233;action anaphylactique peut s'&#233;valuer en dosant la tryptase s&#233;rique, marqueur de d&#233;granulation mastocytaire qui augmenterait rapidement et de fa&#231;on durable en cas d'embolie amniotique, m&#234;me en post mortem [6-10]. Ce dosage ne permet cependant pas d'identifier le facteur d&#233;clenchant de la r&#233;action. Il rel&#232;ve de laboratoires sp&#233;cialis&#233;s mais pr&#233;sente un int&#233;r&#234;t m&#233;dico-l&#233;gal. Le diagnostic de certitude d'embolie amniotique reste actuellement un diagnostic d'&#233;limination associ&#233; &#224; une confirmation histologique souvent post mortem de l'embolie amniotique. La mise en &#233;vidence de constituants ovulaires (&#233;l&#233;ments amniotiques, cellules f&#339;tales ou placentaires) dans le compartiment maternel (lavage broncho-alv&#233;olaire, tissu ut&#233;rin ou pulmonaire, sang) est impossible en urgence et sa significativit&#233; d&#233;licate, puisque la notion d'un passage physiologique de liquide amniotique &#224; bas bruit est toujours discut&#233;e [7,12,13,14]. Dans la litt&#233;rature, les circonstances de survenue et facteurs de risque cliniques ne sont gu&#232;re caract&#233;ristiques : travail long, difficile, ocytociques, multiparit&#233;, &#226;ge &gt;35 ans, hydramnios [5,6,7]. Notre patiente &#233;tait multipare jeune de 32 ans avec une grossesse triple et avait connu plusieurs &#233;pisodes de menace d'accouchement pr&#233;matur&#233;. Le tableau clinique brutal sans prodrome est fortement &#233;vocateur, 70% pendant le travail et 30% apr&#232;s la naissance (voie basse ou c&#233;sarienne) [5] et exceptionnellement : IVG, traumatisme abdominal ferm&#233;, mort f&#339;tale in utero. La plupart des auteurs distinguent 4 tableaux cliniques pouvant se r&#233;sumer en dyspn&#233;e intense suivie d'un &#233;tat de choc avec parfois convulsions puis arr&#234;t cardio-respiratoire entrainant rapidement le d&#233;c&#232;s maternel. Les survivantes auront une CIVD avec h&#233;morragie massive. Le r&#233;el probl&#232;me est que le diagnostic d&#233;finitif est toujours fait &#224; post&#233;riori et qu'il n'existe aucun test fiable &#224; ce jour permettant de pr&#233;venir cette complication [3]. Cependant le pronostic initialement dramatique 39% de d&#233;c&#232;s maternels avec seulement 15% de survie sans s&#233;quelles neurologiques, 78% survie f&#339;tale dont seulement 39% sans s&#233;quelles neurologiques [5], a connu une am&#233;lioration r&#233;cente avec une mortalit&#233; maternelle de 26,4% et f&#339;tale de 15% [3,6]. Une proportion des patientes pr&#233;sentent des s&#233;quelles neurologiques li&#233;es &#224; l&#8216;hypoxie c&#233;r&#233;brale [11] ; dans notre cas, une amn&#233;sie s'est install&#233;e apr&#232;s reprise de conscience de la patiente ; l'IRM r&#233;alis&#233;e n'a pas retrouv&#233;e de l&#233;sions focales, et la r&#233;cup&#233;ration s'est faite lentement, n&#233;cessitant un suivi neurologique en externe. La prise en charge de l'embolie amniotique est bas&#233;e sur les mesures de r&#233;animation. En salle de travail, le traitement est symptomatique : une priorit&#233; doit &#234;tre accord&#233;e &#224; l'extraction f&#339;tale, surtout en cas de grossesse multiple, permettant de lever la compression cave et de faciliter la r&#233;animation maternelle ; le collapsus est trait&#233; par administration d'adr&#233;naline ; la lib&#233;ration des voies a&#233;riennes sup&#233;rieures et la ventilation pr&#233;coce par O2 pur (CRF abaiss&#233;e, consommation O2 augment&#233;e) est aussi n&#233;cessaire. Quant &#224; la prise en charge de l'h&#233;morragie, il s'agit des m&#234;mes sch&#233;mas pour toute h&#233;morragie de d&#233;livrance avec recours &#224; une hyst&#233;rectomie d'h&#233;mostase ou une embolisation pr&#233;coce des art&#232;res ut&#233;rines [1,3,9]. Notre patiente a pr&#233;sent&#233; une amn&#233;sie en rapport avec l'&#233;pisode embolique, d'&#233;volution lentement favorable en hospitalisation, n&#233;cessitant un suivi en neurologie bien que l'IRM n'ait d&#233;cel&#233; aucune l&#233;sion focale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Conclusion &lt;br class='autobr' /&gt;
L'embolie amniotique est une pathologie grave justifiant des soins intensifs. Malgr&#233; les r&#233;cents progr&#232;s de la r&#233;animation, elle reste class&#233;e dans les causes de d&#233;c&#232;s in&#233;vitables par les experts. L'obst&#233;tricien devrait penser &#224; ce diagnostic, et l'&#233;voquer chaque fois que la symptomatologie s'y pr&#234;te, la pr&#233;cocit&#233; de diagnostic et de prise en charge influen&#231;ant fortement son pronostic&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; ----&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;f&#233;rences &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;1.	Morau E, Valette S, Pirat P, Mottais F, Colson P. L'embolie amniotique au cours du travail. Ann. Fr Anesth r&#233;anim. 2002 ; 21 : 744-7&lt;br class='autobr' /&gt;
2.	Cortenbosch B, Huel C, Houfflin Debarge V, Luton D, Lambaudie E, Porquet D, Guibourdenche J. D&#233;pistage de l'embolie amniotique : vers un test diagnostique ? Annales de Biologie Clinique 2007, 65 : 153-60&lt;br class='autobr' /&gt;
3.	Gascard C, Tillouche N, Massoni F, Prolongeau JF. CIVD apr&#232;s c&#233;sarienne : complication d'un choc septique ou embolie amniotique. J gyn obstet 2003 ; 32 : 474-76 &lt;br class='autobr' /&gt;
4.	Tramoni G, Boisson C, Gamerre L, Clement HJ, Bon C, Rudigoz RC, Viale JP. Amniotic fluid embolism : a review. Ann Fr Anesth Reanim. 2006 ; 25 : 599-04.&lt;br class='autobr' /&gt;
5. Clark SL, Hankins GDV, Dudley DA, Dildy GA, Porter TF. Amniotic fluid embolism : analysis of the national registry. Am J Obstet Gynecol 1995 ; 172 : 1158-69.&lt;br class='autobr' /&gt;
6. Gilbert WM, Danielsen B. Amniotic fluid embolism : decreased mortality in a population-based study. Obstet Gynecol 1999 ; 93 : 973-77.&lt;br class='autobr' /&gt;
7. Davies S. Amniotic fluid embolus : a review of the literature. Can J Anesth 2001 ; 48 : 88-98.&lt;br class='autobr' /&gt;
8.	Perdrix C, Gioanni G, Delest A, Constantopoulos P. Embolie de liquide amniotique rapidement fatale. Extraction par c&#233;sarienne d'un enfant vivant sans &lt;br class='autobr' /&gt;
s&#233;quelle neurologique. Ann Fr Anesth Reanim 2004 ; 23 : 912-6.&lt;br class='autobr' /&gt;
9.	Dorne R, Pommier C, Emery JC, Dieudonn&#233; F, Bongiovanni JP. Embolie de liquide amniotique : &#233;volution favorable apr&#232;s embolisation th&#233;rapeutique des art&#232;res ut&#233;rines. Ann Fr Anesth Reanim 2002 ; 21 : 431-35.&lt;br class='autobr' /&gt;
10.	James CF, Feinglass NG, Menke DM, Grinton SF, Papadimos TJ. Massive amniotic fluid embolism : diagnosis aided by emergency transesophageal echocardiography. Int J Obstet Anesth 2004 ; 13 : 279-83.&lt;br class='autobr' /&gt;
11.	Jason Moore, Marie R Baldisseri. Amniotic fluid embolism. Crit Care Med 2005 ; 33 : 279-85&lt;br class='autobr' /&gt;
12.	Lunetta P, Penttila A. Immunohistochemical identification of syncytiotrophoblastic cells and mega karyocytes in pulmonary vessels in a fatal case of amniotic fluid embolism. Int J Legal Med 1996 ; 108 : 210-14.&lt;br class='autobr' /&gt;
13.	Lee KR, Catalano PM, Ortiz-Giroux S. Cytologic diagnosis of amniotic fluid embolism. Report of a case with a unique cytologic feature and emphasis on the difficulty of eliminating squamous contamination. Acta Cytol 1986 ; 30 : 177-82&lt;br class='autobr' /&gt;
14.	Uszynski M, Zekanowska E, Uszynski W, Kuszynski J. Tissue factor (TF) and tissue factor pathway inhibitor (TFPI) in amniotic fluid and blood plasma : implications for the mechanism of amniotic fluid embolism. Eur J Obstet Gynecol Reprod Biol 2001 ; 95 : 163-66&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Urgences transfusionnelles et d&#233;c&#232;s maternels en Afrique noire : &#224; propos de 16 cas au CHU de Cocody (Abidjan)</title>
		<link>https://web-saraf.net/Urgences-transfusionnelles-et.html</link>
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		<dc:date>2014-01-18T12:44:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator> 19 - Adjoby Roland --&gt; Adjoby Roland , 376 - Konan K.J. --&gt; Konan K.J. , 475 - Alla Christian --&gt; Alla Christian , 68 - N'guessan Yapi Francis --&gt; N'guessan Yapi Francis , 18 - Lou&#233; V --&gt; Lou&#233; V , 476 - Ahounkeng NP --&gt; Ahounkeng NP , 477 - Kouame A --&gt; Kouame A , 478 - Andriamandimbison Z N --&gt; Andriamandimbison Z N , 17 - Effoh N'Drin Denis --&gt; Effoh N'Drin Denis , 16 - Kouakou F --&gt; Kouakou F</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Auteur correspondant : Adjoby Cassou Roland. Email : r.adjoby chez yahoo.fr R&#233;sum&#233;. Les auteurs rapportent 16 cas de d&#233;c&#232;s maternels survenus dans un contexte d'urgences transfusionnelles. Ces patientes &#233;taient en majorit&#233; des multipares jeunes, m&#233;nag&#232;res et ayant &#233;t&#233; suivies dans des maternit&#233;s de niveau II. Bien que les urgences obst&#233;tricales issues de ces maternit&#233;s ne fassent pas l'objet d'une assistance qualifi&#233;e optimale &#224; l'accouchement, le retard &#224; la pratique transfusionnelle a &#233;t&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://web-saraf.net/-Tome-19-no1-2014-.html" rel="directory"&gt;Tome 19 n&#176;1 - 2014&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Auteur correspondant&lt;/strong&gt; : Adjoby Cassou Roland. Email : &lt;a href=&#034;#r.adjoby#mc#yahoo.fr#&#034; title=&#034;r.adjoby..&#229;t..yahoo.fr&#034; onclick=&#034;location.href=mc_lancerlien('r.adjoby','yahoo.fr'); return false;&#034; class=&#034;spip_mail&#034;&gt;r.adjoby&lt;span class='mcrypt'&gt; chez &lt;/span&gt;yahoo.fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;sum&#233;. &lt;/h3&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;Les auteurs rapportent 16 cas de d&#233;c&#232;s maternels survenus dans un contexte d'urgences transfusionnelles. Ces patientes &#233;taient en majorit&#233; des multipares jeunes, m&#233;nag&#232;res et ayant &#233;t&#233; suivies dans des maternit&#233;s de niveau II. Bien que les urgences obst&#233;tricales issues de ces maternit&#233;s ne fassent pas l'objet d'une assistance qualifi&#233;e optimale &#224; l'accouchement, le retard &#224; la pratique transfusionnelle a &#233;t&#233; retenu comme un &#233;l&#233;ment d&#233;terminant dans la survenue du d&#233;c&#232;s. A travers ces observations cliniques, les auteurs ont voulu montrer l'int&#233;r&#234;t d'une meilleure dispensation des produits sanguins dans le cadre d'une prise en charge correcte des urgences transfusionnelles en obst&#233;trique afin de r&#233;duire la mortalit&#233; maternelle en Afrique noire.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Mots cl&#233;&lt;/strong&gt;s : Urgences transfusionnelles-Obst&#233;trique-D&#233;c&#232;s maternels-SONU&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Summary&lt;/h3&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;Authors mention 16 cases of maternal death which occur in emergency blood transfusion context. These patients were in majority young multiparous and housewives who have been followed up in level 2 maternity. Although obstetrical emergencies coming from these maternity are not subjected to optimal medical care at delivery, the fact of carrying out blood transfusion lately has been found as determining factor in case of death. Through these clinical observations, authors wanted to show the interest of a better use of blood products as a part of adequate emergencies heath care in obstetrics, in order to reduce maternal mortality in sub-Saharan Africa.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Keys Words&lt;/strong&gt; : Emergency blood transfusion - Obstetrics - maternal death -SONU&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Introduction&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En obst&#233;trique, l'h&#233;morragie p&#233;ripartum est la premi&#232;re cause de mortalit&#233; maternelle, elle survient avec un caract&#232;re impr&#233;visible, et dans la majorit&#233; des cas chez des patientes sans facteur de risque [1,2]. Selon l'OMS, une femme qui saigne dans le post partum a un risque tr&#232;s &#233;lev&#233; de d&#233;c&#232;s dans les 2 heures [3]. Force est de constater que l'approvisionnement en produits sanguins n'ob&#233;it pas toujours &#224; des proc&#233;dures pouvant en garantir la p&#233;rennisation en Afrique noire. La transfusion sanguine &#233;tant consid&#233;r&#233;e comme un acte m&#233;dico-obst&#233;trical majeur et urgent dans les centres de r&#233;f&#233;rence [4], un retard dans sa pratique peut &#234;tre un &#233;l&#233;ment d&#233;terminant &#224; l'origine d'un d&#233;c&#232;s maternel. Ainsi, notre &#233;tude avait pour but d'&#233;valuer l'impact des retards transfusionnels dans la survenue des d&#233;c&#232;s maternels au CHU de Cocody.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Patientes et m&#233;thodes&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il s'agissait d'une &#233;tude prospective et descriptive. Elle s'est d&#233;roul&#233;e sur une p&#233;riode de 6 mois allant du 1er Janvier 2012 au 30 juin 2012 &#224; la maternit&#233; du service de gyn&#233;cologie-obst&#233;trique du CHU de Cocody. Il s'agit d'un centre de r&#233;f&#233;rence pour les maternit&#233;s p&#233;riph&#233;riques (H&#244;pitaux r&#233;gionaux et communaux), destin&#233; &#224; recevoir les femmes en p&#233;riode de gravido-puerp&#233;ralit&#233;. Ce centre a une triple vocation : les soins, l'enseignement et la recherche. La population d'&#233;tude &#233;tait constitu&#233;e par les femmes d&#233;c&#233;d&#233;es dans le service pendant la p&#233;riode de gravido -puerp&#233;ralit&#233; selon la d&#233;finition de l'OMS.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ont &#233;t&#233; inclus dans l'&#233;tude tous les d&#233;c&#232;s maternels survenus dans le service de gyn&#233;cologie et d'obst&#233;trique ou dans le service de r&#233;animation pendant la p&#233;riode d'&#233;tude et, de choc hypovol&#233;mique non&lt;br class='autobr' /&gt;
compens&#233; en partie ou en totalit&#233; par une transfusion sanguine.&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;roulement de l'&#233;tude : dans une premi&#232;re &#233;tape, chaque cas de d&#233;c&#232;s a &#233;t&#233; identifi&#233; et enregistr&#233;. Les donn&#233;es collect&#233;es &#233;taient relatives aux caract&#233;ristiques &#233;pid&#233;miologiques et aux circonstances de d&#233;c&#232;s. Une analyse de la qualit&#233; des soins administr&#233;s en urgence a &#233;t&#233; faite, et les &#233;ventuels dysfonctionnements ont &#233;t&#233; relev&#233;s. Par ailleurs, ces cas de d&#233;c&#232;s ont &#233;t&#233; soumis &#224; l'expertise de l'ensemble des m&#233;decins du service pendant des s&#233;ances d'audit.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;sultats&lt;/h3&gt;&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;Caract&#233;ristiques &#233;pid&#233;miologiques et suivi pr&#233;natal&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Au cours de la p&#233;riode d'&#233;tude, il a &#233;t&#233; constat&#233; 16 d&#233;c&#232;s maternels li&#233;s au retard transfusionnel. L'&#226;ge des patientes variait de 23 &#224; 44 ans, avec une moyenne de 32 ans, elles &#233;taient m&#233;nag&#232;res dans 62,5% des cas (n=10) et multipares dans 56,2% des cas (n=9).&lt;br class='autobr' /&gt;
Les patientes suivies en consultation pr&#233;natale dans les maternit&#233;s p&#233;riph&#233;riques &#233;taient au nombre de 10, parmi elles, seulement 4 avaient effectu&#233; au moins 4 CPN, 2 avaient r&#233;alis&#233; tout le bilan pr&#233;natal, et dans 3 cas un pronostic obst&#233;trical de fin de grossesse avait &#233;t&#233; inscrit dans le carnet de suivi pr&#233;natal&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;Admission et motif d'&#233;vacuation&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Les patientes avaient &#233;t&#233; &#233;vacu&#233;es en ambulance dans 43,7% des cas (7/16). Les motifs d'&#233;vacuation &#233;taient domin&#233;s par l'h&#233;morragie de la d&#233;livrance (6/16), l'an&#233;mie d&#233;compens&#233;e (3/16) et le placenta abruptio ou HRP (3/16).&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;Audit des d&#233;c&#232;s et besoins transfusionnels&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;lais de prise en charge, les dysfonctionnements et les causes des d&#233;c&#232;s sont r&#233;pertori&#233;s dans les tableaux I, II, III et IV&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_568 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://web-saraf.net/local/cache-vignettes/L500xH134/tableau_-16-24e21.jpg?1734777843' width='500' height='134' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_569 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://web-saraf.net/local/cache-vignettes/L500xH109/tableau_1-22-d6435.jpg?1734777843' width='500' height='109' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;c&#232;s maternel est survenu dans 56,25% des cas avant 2 heures d'admission.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les indications des transfusions &#233;taient repr&#233;sent&#233;es par les &#233;tats de choc hypovol&#233;mique (8/16), les troubles de la coagulation (6/16) et les signes de d&#233;compensation (2/16)&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_570 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://web-saraf.net/local/cache-vignettes/L500xH107/tableau_2-17-a0c6a.jpg?1734777843' width='500' height='107' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'indisponibilit&#233; du sang &#233;tait une situation r&#233;currente au CHU de Cocody, elle a &#233;t&#233; observ&#233;e chez 11 patientes.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_571 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://web-saraf.net/local/cache-vignettes/L500xH91/tableau_3-11-64c87.jpg?1734777843' width='500' height='91' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les H&#233;morragies du post partum constituaient les principales causes de d&#233;c&#232;s dans 62,5% des cas.&lt;br class='autobr' /&gt;
La transfusion sanguine a d&#233;marr&#233; avec un retard consid&#233;rable, exc&#233;dant les 30 minutes pour les 3 patientes b&#233;n&#233;ficiaires, 2 patientes sont d&#233;c&#233;d&#233;es avant la mise en route de la transfusion.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Discussion&lt;/h3&gt;&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;Caract&#233;ristiques &#233;pid&#233;miologiques et suivi pr&#233;natal&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Au cours de notre &#233;tude, les patientes d&#233;c&#233;d&#233;es en p&#233;riode de gravido- puerp&#233;ralit&#233; &#233;taient pour la plupart des patientes jeunes, avec un &#226;ge moyen de 32 ans ; 62,5% &#233;taient m&#233;nag&#232;res et 56,2% &#233;taient multipares. La multiparit&#233; est connue pour &#234;tre un facteur de risque majeur de survenue d'h&#233;morragie du post partum [4,5,6] ; le m&#233;canisme physiopathologique est li&#233; a une fragilisation du myom&#232;tre entrainant une hypo contractilit&#233; ut&#233;rine dans ce groupe de patiente. Le profil &#233;pid&#233;miologique de nos patientes est typique car retrouv&#233; dans de nombreuses &#233;tudes africaines. En effet, elles &#233;taient pour la plupart d'un bas niveau socio-&#233;conomique, &#233;tant analphab&#232;te et/ou ayant des revenus tr&#232;s faibles ; le bas niveau socio-&#233;conomique est associ&#233; &#224; une mortalit&#233; maternelle importante [7]. Dans une &#233;tude malgache r&#233;cente portant sur les facteurs de risque de mortalit&#233; par h&#233;morragie du post partum, la multiparit&#233;, les mauvaises conditions socio &#233;conomiques et le retard &#224; l'&#233;vacuation ressortent parmi les principaux facteurs incrimin&#233;s [8]. Ces observations montrent que la pr&#233;vention de la mortalit&#233; maternelle n'est pas seulement m&#233;dicale, mais aussi sociale, culturelle et &#233;conomique [9]. Dans notre &#233;chantillon, le suivi pr&#233;natal &#233;tait souvent n&#233;glig&#233; par les multipares, celles-ci &#233;tant certainement rassur&#233;es &#224; tort par l'exp&#233;rience des grossesses pr&#233;c&#233;dentes. En outre, les consultations pr&#233;natales &#233;taient effectu&#233;es dans les maternit&#233;s p&#233;riph&#233;riques par des sages femmes principalement. Celles-ci &#233;valuaient tr&#232;s peu le pronostic obst&#233;trical au 9&#232; mois de grossesse (3/16), m&#234;me si statistiquement, il est connu que 15 % des femmes enceintes connaitront une complication en fin de grossesse, de mani&#232;re g&#233;n&#233;rale [3].&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;Admission et d&#233;lai d'&#233;vacuation&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;Les proc&#233;dures de r&#233;f&#233;rence et de contre r&#233;f&#233;rence n'&#233;taient pas appliqu&#233;es pour l'&#233;vacuation des patientes, bien que le retard &#224; l'&#233;vacuation soit reconnu comme un facteur de risque de mortalit&#233; maternelle en Afrique [10,11]. Les patientes avaient &#233;t&#233; &#233;vacu&#233;es en ambulance dans 43,7% des cas. Ces ambulances n'&#233;taient pas m&#233;dicalis&#233;es, les voies veineuses n'&#233;taient pas toujours faites et/ou adapt&#233;es pour le maintien de la vol&#233;mie au cours du transfert. Par ailleurs, il n'y avait pas de possibilit&#233; d'oxyg&#233;noth&#233;rapie dans ces ambulances, ni de personnel qualifi&#233; pour la prise en charge des d&#233;tresses vitales. En amont, les maternit&#233;s ne disposaient pas toujours de valve d'examen permettant un diagnostic &#233;tiologique complet des h&#233;morragies du post partum imm&#233;diat ; les sages femmes prenant seules la garde dans les maternit&#233;s, elles n'apportaient pas une r&#233;elle assistance qualifi&#233;e &#224; l'accouchement, n'ayant aucune comp&#233;tence dans la gestion efficace des h&#233;morragies du post partum imm&#233;diat graves. Sans protocole de soins, elles se contentaient d'&#233;vacuer des patientes en cas d'h&#233;morragies abondantes et/ou d'&#233;tat de choc. En effet, en milieu hospitalier, doivent &#234;tre r&#233;f&#233;r&#233;s la plupart des grands syndromes h&#233;morragiques (placenta pr&#230;via, placenta abruptio). Quand ceux-ci sont justiciables d'un traitement chirurgical, la r&#233;f&#233;rence devra se faire de pr&#233;f&#233;rence avant l'apparition des troubles de la coagulation dont la prise en charge repr&#233;sente un probl&#232;me majeur en Afrique noire [12], ceci &#233;tant principalement li&#233; &#224; l'indisponibilit&#233; quasi permanente de certains produits sanguins, tels que le plasma frais congel&#233; et les concentr&#233;s plaquettaires.&lt;/p&gt;
&lt;h4 class=&#034;spip&#034;&gt;Audit des d&#233;c&#232;s&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;La grande majorit&#233; des d&#233;c&#232;s retenus dans notre observation &#233;tait li&#233;e &#224; une d&#233;faillance du syst&#232;me sanitaire. Le d&#233;lai entre l'&#233;vacuation et l'examen du m&#233;decin au CHU de Cocody, exc&#233;dait 120 mn dans plus 25% des cas. Au Gabon, une &#233;tude r&#233;trospective sur 10 ans &#233;valuant la pratique transfusionnelle dans une maternit&#233; de Libreville trouve un d&#233;lai moyen de transfusion de 04 heure et 22 mn [13]. Concernant notre &#233;tude, les &#233;vacuations sanitaires &#233;taient tardives ; dans 31,25% des cas, l'heure d'&#233;vacuation n'&#233;tait pas notifi&#233;e, peut &#234;tre &#224; dessein pour emp&#234;cher la r&#233;alisation d'audit. Les bulletins d'&#233;vacuation n'&#233;taient pas correctement renseign&#233;s, l'heure initiale du d&#233;but de l'h&#233;morragie n'&#233;tait jamais mentionn&#233;e. La d&#233;centralisation insuffisante du syst&#232;me sanitaire explique le nombre &#233;lev&#233; des &#233;vacuations sanitaires et l'impossibilit&#233; d'assurer celles-ci &#224; temps. En cons&#233;quence, on d&#233;plore le d&#233;c&#232;s de 20 &#224; 50 % des patientes r&#233;f&#233;r&#233;es soit au cours du trajet d'&#233;vacuation, soit dans les premi&#232;res heures qui suivent l'admission dans le centre habilit&#233; &#224; traiter la complication [11,12]. Parmi les causes h&#233;morragiques, l'h&#233;morragie du post partum imm&#233;diat &#233;tait la plus fr&#233;quente avec 10 cas sur 16, soit 62,5% des cas. En Afrique subsaharienne, les retards, les conditions d'&#233;vacuation, l'installation d'un choc h&#233;morragique et/ou d'une coagulopathie, le manque constant de produits sanguins au niveau des maternit&#233;s de r&#233;f&#233;rence et l'absence d'une prise en charge multidisciplinaire (sage femme, m&#233;decin, anesth&#233;sistes) sont des facteurs d&#233;terminants qui conduisent au d&#233;c&#232;s maternels [4,7,9,10,11]. Les patientes arrivaient dans un &#233;tat h&#233;modynamique pr&#233;caire, ce qui explique que 6 d&#233;c&#232;s sur les 16, soit 37,5% des cas soient survenues moins d'1 heure apr&#232;s leur admission. En 2008, dans une &#233;tude sur les audits de d&#233;c&#232;s dans le m&#234;me service, on notait 32,5 % de patientes d&#233;c&#233;d&#233;es moins d'1 heure apr&#232;s leur admission [4]. Ces chiffres montrent que cinq ans apr&#232;s, il n'y a pas eu d'am&#233;lioration concernant ce point pr&#233;cis.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'audit r&#233;v&#232;le des dysfonctionnements majeurs : 2 patientes pr&#233;sentant une an&#233;mie chronique s&#233;v&#232;re d&#233;compens&#233;e ont &#233;t&#233; &#233;vacu&#233;es au CHU de Cocody, sans qu'aucune transfusion ne soit d&#233;but&#233;e pour assurer une mise en condition pr&#233;alable. Par ailleurs, les 3 patientes qui ont pu b&#233;n&#233;ficier de transfusion sanguine, n'ont pas &#233;t&#233; transfus&#233;es dans des d&#233;lais raisonnables (&gt;30 mn). Apr&#232;s la prise en charge chirurgicale des HRP, et de la rupture ut&#233;rine, le choc hypovol&#233;mique et la coagulopathie n'ont pu &#234;tre compens&#233;s, faute de produits sanguins disponibles d'o&#249; la survenue des d&#233;c&#232;s. De ce fait, il est souhaitable que la sage-femme du centre p&#233;riph&#233;rique (maternit&#233; de niveau II) puisse r&#233;aliser les gestes susceptibles de pr&#233;venir l'&#233;volution fatale de l'h&#233;morragie de la d&#233;livrance, dont la responsabilit&#233; est en cause dans plus de la moiti&#233; des cas de d&#233;c&#232;s par h&#233;morragie. En effet, &#171; d&#233;livrance dirig&#233;e et manuelle, r&#233;vision ut&#233;rine, administration des ut&#233;rotoniques et transfusion sanguine &#187; r&#233;alis&#233;es sur place doivent ainsi permettre de limiter les &#233;vacuations sanitaires, tr&#232;s souvent r&#233;alis&#233;es de mani&#232;re tardive et dans des conditions peu optimales [12]&lt;br class='autobr' /&gt;
Besoins transfusionnels non couverts&lt;br class='autobr' /&gt;
La fr&#233;quence de la transfusion sanguine est de 0,36% &#224; 2% dans les pays d&#233;velopp&#233;s, de 5% &#224; 6% dans les pays en d&#233;veloppement [14]. En France, l'h&#233;morragie du p&#233;ripartum avec 33%, est la premi&#232;re cause de mortalit&#233; maternelle [15] ; elle rev&#234;t une gravit&#233; qui est souvent sous estim&#233;e. Dans certains cas en p&#233;ripartum, la disponibilit&#233; des produits sanguins labiles (PSL) doit &#234;tre imm&#233;diate, surtout en Afrique noire o&#249; il n'existe pas de r&#233;elle politique de dispensation et de p&#233;rennisation des produits sanguins. Or, malgr&#233; l'existence de textes r&#233;glementaires, l'analyse des prescriptions des produits sanguins labiles, tout comme les modalit&#233;s de la distribution en urgence montrent une grande h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; des pratiques. L'incidence des transfusions en p&#233;ripartum est faible, elle a &#233;t&#233; estim&#233;e entre 1 &#224; 2,5% pour les accouchements par voie basse et entre 3,1 &#224; 5% pour les accouchements par c&#233;sarienne. Cependant, l'h&#233;morragie se caract&#233;rise par sa survenue impr&#233;visible et, dans 84 % des cas, chez des femmes sans facteur de risque particulier [3,15]. Cette notion de survenue impr&#233;visible doit emmener les prestataires en Afrique &#224; abandonner l'approche selon le risque. Les d&#233;cideurs doivent orienter leur d&#233;cision vers une priorisation des urgences transfusionnelles en obst&#233;trique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les produits sanguins ont &#233;t&#233; indisponibles dans 68,75% des cas (11/16), ce qui a engendr&#233; une aggravation du tableau clinique. En obst&#233;trique, les urgences transfusionnelles sont vitales [3,4]. Dans son &#233;tude dans une maternit&#233; de Libreville, Sima Zu&#233; retrouve 67,9% de patiente n&#233;cessiteuse de transfusion sanguine, mais n'en ayant pas b&#233;n&#233;fici&#233; ; il retrouve aussi une mortalit&#233; globale de 4% en rapport avec la non disponibilit&#233; des produits sanguin [13]. En Afrique subsaharienne, la mise en place d'un syst&#232;me performant de transfusion sanguine dans un contexte de pays &#224; faibles ressources touch&#233; par la pand&#233;mie de VIH est complexe [16]. En C&#244;te d'Ivoire, la s&#233;curit&#233; transfusionnelle est assur&#233;e par le centre national de transfusion sanguine en ce qui concerne le risque infectieux et les conditions de transport et de stockage des unit&#233;s de sang. Au mali, le point fort de la strat&#233;gie &#233;tait le renforcement de l'approvisionnement en sang par les activit&#233;s de collecte mobile et les activit&#233;s de collecte de sang aupr&#232;s des familles ou des proches des patients hospitalis&#233;s [16]. Les diff&#233;rents obstacles au don volontaire de sang ont &#233;t&#233; identifi&#233;s par les acteurs de sant&#233;. L'obstacle majeur, dans notre contexte, r&#233;sidait dans la peur de se faire d&#233;pister VIH positif. Un autre facteur non moins important &#233;tait le manque d'information des populations sur le bien-fond&#233; du don de sang. En Afrique subsaharienne, 75 &#224; 80 % des transfusions sont issues de donneurs recrut&#233;s dans les h&#244;pitaux [17]. Les syst&#232;mes de transfusion bas&#233;s sur un service central d'approvisionnement sont plus performants. En revanche, leur p&#233;rennit&#233; reste un d&#233;fi pour des syst&#232;mes de sant&#233; fragiles et en d&#233;veloppement. Si l'approvisionnement en sang en quantit&#233; suffisante est un &#233;l&#233;ment indispensable &#224; un syst&#232;me de transfusion performant, l'utilisation rationnelle des produits sanguins contribue &#233;galement &#224; la p&#233;rennit&#233; de ce syst&#232;me. La strat&#233;gie serait de faire une part belle aux urgences obst&#233;tricales. Une gestion rationnelle des produits sanguins a &#233;t&#233; obtenue gr&#226;ce &#224; la formation du personnel sur les alternatives &#224; la transfusion sanguine [18]. En Tanzanie, la cr&#233;ation d'un comit&#233; du sang et la stricte application des recommandations pour la pratique transfusionnelle a permis de r&#233;duire de 75 % l'utilisation des produits sanguins [19]. Des auteurs ont montr&#233; les b&#233;n&#233;fices d'un syst&#232;me de transfusion performant dans les pays o&#249; la mortalit&#233; maternelle est &#233;lev&#233;e. Dans un h&#244;pital de r&#233;f&#233;rence en Tanzanie, la mise en oeuvre d'un programme de 22 interventions incluant une vaste campagne d'information pour le don de sang et l'introduction de recommandations strictes pour la pratique de la transfusion a &#233;t&#233; accompagn&#233;e d'une r&#233;duction de la mortalit&#233; maternelle de 933 &#224; 186 d&#233;c&#232;s maternels pour 100 000 naissances vivantes entre la premi&#232;re et la septi&#232;me ann&#233;e du programme [20]. Au Ghana, une intervention bas&#233;e sur la revue syst&#233;matique des cas de d&#233;c&#232;s maternels dus &#224; l'h&#233;morragie a permis d'am&#233;liorer l'organisation des services, la qualit&#233; des soins et la disponibilit&#233; des produits sanguins, puis de r&#233;duire le taux de l&#233;talit&#233; des cas de 1,3 &#224; 0,7 % en 8 ans [21]. En France, le caract&#232;re r&#232;glementaire de la pr&#233;sence de mat&#233;riel de dosage de l'h&#233;moglobine dans le secteur de naissance a &#233;t&#233; contributif, ou une d&#233;finition claire des degr&#233;s d'urgence dans les recommandations de l'AFSSAPS :&lt;br class='autobr' /&gt;
urgence vitale imm&#233;diate correspond &#224; la transfusion imm&#233;diate de sang O Rh&#233;sus n&#233;gatif en absence d'un groupe sanguin [22]. Par ailleurs une &#233;tude multicentrique sur la mortalit&#233; maternelle en France &#224; montr&#233; que la pr&#233;sence d'un anesth&#233;siste-r&#233;animateur 24 H/24 dans l'&#233;tablissement &#233;tait corr&#233;l&#233;e &#224; une r&#233;duction de ce type d'accident [23].&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Conclusion&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Un syst&#232;me de transfusion sanguine reposant sur la priorisation des urgences obst&#233;tricales, doit &#234;tre d&#233;velopp&#233; pour r&#233;duire la mortalit&#233; maternelle par h&#233;morragie en Afrique noire. Pour assurer la p&#233;rennit&#233; de ce syst&#232;me, la mise en place d'un programme national avec les partenaires internationaux, pouvant inclure une politique d'approvisionnement et d'utilisation du sang doit &#234;tre &#233;labor&#233;e, incluant la gratuit&#233; de la transfusion dans le cadre des SONU.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;References&lt;/h3&gt;
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